Guide technique
Agrainage et aménagement du territoire
Un lâcher réussi se prépare des mois avant l'arrivée des animaux. Cultures à gibier, agrainage raisonné, couverts, points d'eau, garennes et volières de rappel : les aménagements qui font la différence entre un territoire qui fixe le gibier et un territoire qui le perd.
Pourquoi aménager avant de lâcher ?
Depuis 1951, nous livrons du gibier de repeuplement sur des territoires très divers, et le constat est constant : à qualité d'animaux égale, c'est l'aménagement du milieu qui fait le taux de reprise. Un territoire qui offre à la fois de la nourriture, du couvert de refuge, de l'eau à proximité et une pression de prédation maîtrisée retient les oiseaux et les lapins lâchés ; un milieu pauvre les disperse en quelques jours, quelle que soit la quantité mise sur le terrain. Ce guide rassemble les aménagements que nous conseillons à nos clients — ACCA, sociétés de chasse, chasses privées et particuliers — avant tout lâcher de faisans, de perdrix ou de lapins de garenne.
Nourriture disponible toute l'année
Cultures à gibier et agrainage comblent les périodes de disette, de la fin de l'été aux sorties d'hiver, quand le milieu agricole ne nourrit plus.
Couvert de refuge
Haies, jachères et bandes enherbées offrent une protection contre les prédateurs et les intempéries : sans couvert, pas de fixation du gibier.
Eau accessible
Un point d'eau à moins de 200 mètres de chaque zone de vie conditionne l'installation des oiseaux, surtout lors des lâchers d'été.
Les cultures à gibier
Les cultures à gibier — appelées aussi cultures faunistiques ou intercultures cynégétiques — sont des parcelles ou bandes semées spécifiquement pour nourrir et abriter la petite faune. Même de petites surfaces bien réparties transforment un territoire : on recommande couramment 1 à 3 % de la surface chassée, en bandes de 10 à 20 mètres de large en bordure de bois, de haies ou de chemins plutôt qu'en grandes parcelles isolées. Les mélanges les plus utilisés associent une céréale qui reste sur pied l'hiver (sorgho, millet, blé, avoine), une plante de couvert (maïs, chou fourrager, moutarde) et une légumineuse (trèfle, luzerne, sainfoin) qui attire les insectes indispensables aux jeunes faisandeaux et perdreaux durant leurs premières semaines. Semées au printemps, ces bandes sont laissées en place tout l'hiver et broyées seulement en fin de saison. Beaucoup de fédérations départementales des chasseurs fournissent des semences à prix réduit ou subventionnent ces implantations : renseignez-vous avant d'acheter.
Mélanges adaptés au petit gibier
Sorgho, millet, maïs, chou fourrager, trèfle et sarrasin : graines à l'automne, couvert l'hiver et insectes au printemps pour les jeunes oiseaux.
Bandes plutôt que parcelles
Des bandes de 10 à 20 m le long des lisières et des haies valent mieux qu'une grande parcelle isolée : le gibier circule toujours à proximité d'un refuge.
Laisser sur pied l'hiver
Le couvert et les graines doivent rester disponibles de l'automne à la fin de l'hiver, période critique pour la survie des oiseaux lâchés en été.
Partenariat avec les agriculteurs
Jachères environnement faune sauvage, bords de champs et contrats avec les exploitants : la fédération départementale accompagne souvent ces démarches.
Agrainoirs et points d'agrainage
L'agrainage du petit gibier consiste à mettre du grain — généralement du blé, parfois coupé de maïs concassé — à disposition permanente en des points fixes du territoire. Pour le faisan et la perdrix, c'est l'outil de fixation le plus efficace qui existe : un oiseau qui trouve chaque jour à manger au même endroit y établit son domaine vital. Un agrainoir simple se compose d'un fût ou d'une trémie couvrant le grain de la pluie, posé sur pieds ou suspendu, avec un système de distribution à la demande (ressort, assiette ou goulotte) qui limite le gaspillage et l'accès des rongeurs. Comptez environ un point d'agrainage pour 10 à 15 hectares de territoire à faisans, placés en bordure de couvert et jamais en terrain découvert ; approvisionnez-les sans interruption, car un agrainoir vide quelques jours suffit à faire dériver les oiseaux chez le voisin. L'agrainage du petit gibier est encadré par le schéma départemental de gestion cynégétique : les règles (périodes, dispositifs, distances) varient selon les départements — le point réglementaire est détaillé sur notre page réglementation du petit gibier.
Blé en libre-service
Le blé est la référence pour faisans et perdrix : appétent, économique, facile à distribuer en trémie à ressort ou à assiette.
Un point pour 10 à 15 hectares
Maillage régulier en bordure de couvert, sur les zones de vie repérées : lisières, haies, angles de bois, jamais en plein découvert.
Continuité absolue
L'agrainage ne souffre pas d'interruption : un point vide fait dériver les oiseaux en quelques jours. Tournée de contrôle toutes les une à deux semaines.
Cadre réglementaire départemental
Le schéma départemental de gestion cynégétique fixe les conditions de l'agrainage. Vérifiez les règles locales auprès de votre fédération.
Haies, jachères et couverts
Le couvert est ce qui manque le plus aux plaines agricoles modernes, et c'est la première cause d'échec des lâchers en milieu ouvert. Une haie d'essences locales (prunellier, aubépine, cornouiller, noisetier, églantier) large et non taillée à blanc offre au petit gibier un corridor de circulation, un abri contre les rapaces et un site de nidification. Les jachères et bandes enherbées non fauchées entre le 1er mai et la fin juillet préservent les nichées de perdrix et de faisanes au sol — une fauche centrifuge, du centre vers l'extérieur et à vitesse réduite, sauve chaque année des couvées entières. Complétez avec des tas de branches en lisière, des bosquets buissonnants et quelques friches conservées : le petit gibier a besoin d'un maillage de refuges distants de 150 à 300 mètres au maximum pour occuper l'espace en sécurité.
Haies d'essences locales
Prunellier, aubépine, cornouiller, noisetier : des haies denses à la base, larges, taillées en rotation et jamais rasées la même année sur tout le linéaire.
Jachères et bandes enherbées
Fauche repoussée après le 15 juillet et conduite centrifuge à vitesse réduite : les nichées au sol survivent au passage des machines.
Maillage de refuges
Un abri tous les 150 à 300 m : bosquets, tas de branches, ronciers et friches conservées permettent au gibier de circuler sans s'exposer.
Lisières étagées
Entre bois et culture, une lisière progressive — ourlet herbeux, buissons puis arbres — multiplie les zones de nourrissage et de nidification.
Points d'eau
On sous-estime presque toujours le besoin en eau du petit gibier. Un faisan ou une perdrix boit chaque jour, et lors des lâchers d'été — la pleine saison du repeuplement, de juin à août — l'absence d'eau à proximité du point de lâcher est une cause majeure de dispersion et de mortalité précoce. La règle que nous appliquons : un point d'eau à moins de 200 mètres de chaque zone de vie. À défaut de mare, de fossé en eau ou de ruisseau, des abreuvoirs simples (bacs peu profonds avec pierre de sortie pour éviter les noyades, abreuvoirs siphoïdes de volière) placés près des agrainoirs font parfaitement l'affaire, à condition d'être nettoyés et réapprovisionnés régulièrement. La restauration d'une mare existante est par ailleurs l'un des aménagements les plus rentables qui soient : elle profite au gibier d'eau, aux colverts comme à toute la faune du territoire.
Moins de 200 mètres
Chaque zone de vie et chaque point de lâcher doit disposer d'eau à moins de 200 m, en particulier de juin à septembre.
Abreuvoirs près des agrainoirs
Associer eau et grain au même point double l'effet de fixation. Bacs peu profonds avec pierre ou grillage de sortie pour les jeunes oiseaux.
Mares et zones humides
Restaurer une mare profite à tout le territoire : colverts, petit gibier, insectes. Curage partiel en automne, berges en pente douce.
Garennes artificielles pour le lapin
Le lapin de garenne ne s'installe durablement que là où il peut se terrer immédiatement. Avant tout lâcher, il faut donc construire des garennes artificielles : des refuges enterrés ou en surface qui remplacent le terrier en attendant que les lapins creusent le leur. La formule éprouvée est le tas structuré d'environ 4 à 5 mètres de diamètre : une base de palettes, de buses ou de branchages ménageant des galeries, recouverte de pierres et de terre, avec plusieurs entrées orientées à l'abri des vents dominants. Sur sol drainant, une butte de terre surélevée évite l'inondation des galeries en hiver. Comptez une garenne pour 3 à 5 lapins lâchés, les garennes espacées de 100 à 200 mètres pour favoriser la colonisation de proche en proche. Un grillage de protection temporaire les premiers jours, retiré ensuite, limite la dispersion initiale. Nos lapins de garenne, purs de France et vaccinés myxomatose + VHD, sont livrés avec les conseils d'implantation adaptés à votre sol.
Tas structurés de 4 à 5 mètres
Palettes, buses ou fagots en base pour former les galeries, pierres et terre par-dessus, entrées multiples abritées des vents dominants.
Espacées de 100 à 200 mètres
Un chapelet de garennes rapprochées permet aux lapins de coloniser le territoire de proche en proche sans traverser de zone à découvert.
Buttes sur sols humides
Sur terrain lourd ou inondable, surélever la garenne en butte de terre garantit des galeries sèches toute l'année.
Protection des premiers jours
Un grillage provisoire autour de la garenne les 8 à 10 premiers jours fixe les lapins lâchés avant qu'ils ne creusent leurs propres terriers.
Volières de rappel et parcs de pré-lâcher
La volière de rappel est l'aménagement qui change le plus le destin d'un lâcher de faisans ou de perdrix. Le principe : un enclos grillagé installé sur la zone de lâcher, dans lequel les oiseaux passent quelques jours à s'habituer au site, à son eau et à sa nourriture, avant d'être libérés progressivement. Une partie des oiseaux peut être conservée dans la volière après l'ouverture des trappes : leurs rappels retiennent les oiseaux libérés dans le secteur, d'où le nom. Une volière de rappel efficace fait au minimum 25 à 50 m² pour un lot de repeuplement, en grillage enterré de 30 cm contre les renards, avec filet ou grillage de plafond, un abri contre la pluie, un agrainoir et un abreuvoir maintenus en service après le lâcher. Installée en bordure de couvert et approvisionnée plusieurs semaines, elle devient ensuite un point d'agrainage permanent qui structure le territoire. Pour le lièvre, le parc de pré-lâcher au sol, sur le même principe, est vivement conseillé.
Acclimatation sur site
Quelques jours dans la volière suffisent aux oiseaux pour mémoriser le secteur, son eau et sa nourriture : la dispersion initiale chute fortement.
Effet de rappel
Les oiseaux conservés temporairement dans l'enclos rappellent ceux qui ont été libérés et les fixent sur la zone de lâcher.
Protection anti-prédateurs
Grillage enterré de 30 cm, plafond en filet, trappes de sortie contrôlées : la volière protège les oiseaux pendant leur période la plus vulnérable.
Agrainage maintenu après lâcher
Laissée ouverte et approvisionnée, la volière devient un point d'agrainage permanent : refuge, grain et eau au même endroit.
Régulation des prédateurs
Tous les aménagements du monde ne compensent pas une pression de prédation excessive sur des animaux fraîchement lâchés, qui sont naturellement plus vulnérables les premières semaines. La régulation du renard et des petits mustélidés (fouine, martre selon les départements), ainsi que des corvidés déclassés (corneille noire, pie bavarde) qui détruisent les nichées, doit être menée en amont du lâcher — idéalement à la fin de l'hiver et au printemps, avant l'arrivée des animaux — et non après. Le piégeage est réservé aux piégeurs agréés, dans le strict respect de la liste des espèces susceptibles d'occasionner des dégâts (ESOD) arrêtée pour votre département et des modalités fixées par la réglementation : votre fédération départementale des chasseurs et l'association de piégeurs locale sont les interlocuteurs pour organiser une campagne efficace et légale. Sur ce point comme sur l'agrainage, notre page réglementation du petit gibier fait le point sur le cadre applicable. Retenez l'ordre de grandeur observé sur le terrain : une campagne de régulation sérieuse menée avant le lâcher peut changer du simple au double le taux de reprise.
Avant le lâcher, pas après
La régulation se mène à la fin de l'hiver et au printemps, pour que la pression de prédation soit basse à l'arrivée des animaux.
Cadre ESOD et piégeurs agréés
Liste départementale des espèces régulables, piégeage par piégeurs agréés, déclarations en mairie : la régulation est strictement encadrée.
Corvidés et nichées
Corneilles et pies détruisent œufs et jeunes : leur régulation printanière protège la reproduction des oiseaux installés.
Appui de la fédération
Fédérations et associations de piégeurs organisent formations et campagnes coordonnées : ne restez pas seul sur ce volet.
Par où commencer sur votre territoire ?
L'erreur classique est de vouloir tout faire la première année. Notre conseil, mûri depuis trois générations : commencez par un diagnostic simple de votre territoire — où sont les couverts, où est l'eau, où passe le gibier — puis concentrez les aménagements sur un ou deux secteurs favorables plutôt que de les disperser. Année 1 : volière de rappel ou garennes artificielles sur le secteur choisi, maillage d'agrainoirs, campagne de régulation avant le lâcher. Année 2 : bandes de cultures à gibier et abreuvoirs. Année 3 : plantation de haies et restauration de mare, qui portent leurs fruits à plus long terme. Un territoire bien aménagé obtient de meilleurs résultats avec moins d'animaux — et c'est un fournisseur de gibier qui vous le dit. Lors de votre commande de gibier de repeuplement, nous examinons volontiers votre projet d'aménagement avec vous et adaptons espèces, âges et calendrier de livraison à l'état réel de votre territoire.
Diagnostic avant travaux
Cartographier couverts, eau et zones de passage du gibier avant d'investir : les aménagements se placent là où le gibier vit déjà.
Plan sur trois ans
Volière, garennes et agrainage l'année 1 ; cultures et abreuvoirs l'année 2 ; haies et mares ensuite. La régularité prime sur l'ampleur.
Moins d'animaux, mieux accueillis
Un territoire aménagé fixe et fait reproduire le gibier : le budget bascule progressivement du lâcher vers le milieu.
Conseil GIBIS inclus
Appelez le 04 76 38 31 01 : nous adaptons espèces, âges et calendrier de livraison à l'avancement de vos aménagements.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que l'agrainage du petit gibier ?
Combien d'agrainoirs installer sur un territoire ?
Quelles cultures semer pour le gibier ?
Comment construire une garenne artificielle pour les lapins ?
À quoi sert une volière de rappel ?
Quand faut-il réguler les prédateurs avant un lâcher ?
L'agrainage est-il autorisé partout en France ?
Quelle surface de mon territoire consacrer aux aménagements ?
Voir aussi
Un territoire prêt, des animaux à la hauteur
Votre territoire est aménagé ou en passe de l'être ? Parlons espèces, densités et calendrier de lâcher. Faisans, perdrix, lapins de garenne, lièvres et colverts élevés pour le repeuplement, livrés vivants partout en France avec les conseils de lâcher inclus.